Ethique & Charte

Introduction

La présente Charte, qui complète les statuts de l’Académie, définit la conception que l’ARCoaching entend promouvoir en matière de coaching, les principes déontologiques, les valeurs et la visée éthique qu’elle défend.

Le Brevet délivré par l’ARCoaching et Améthyste atteste que le coach ainsi certifié a suivi une formation approfondie, qu’il a rédigé un mémoire, qu’il a été supervisé et interrogé sur sa pratique de coach, qu’il s’est engagé enfin à se faire superviser dans sa pratique ultérieure.

1. Notion générale et fondements du Coaching à l’ARC

Une triple finalité

Le coaching poursuit parallèlement un objectif de performance, de bien-être et de responsabilisation des personnes et des équipes, le tout dans le cadre d’une conscience éthique qui en constitue le fondement.

1.1. L’esprit maïeutique

Par le questionnement, la maïeutique vise l’émergence de la réponse chez l’autre. ainsi que celle de son potentiel, de ses compétences. Cela situe bien le coach dans une posture de catalyseur, de facilitateur, de médiateur. La maïeutique constitue donc l’essence du coaching et sa racine philosophique. Elle requiert un état d’esprit créatif et ouvert.

1.2. Un processus

Le coaching met en jeu un processus d’émergence et, en cela, il constitue en lui-même un processus évolutif dans une relation spécifique entre coach et coaché. Cela implique une bonne connaissance des dynamiques en jeu dans la relation.

1.3. Une recherche de sens

Le coaching, en tant que nouvelle figure de l’accompagnement, permet de développer chez le client de plus grandes compétences relationnelles, de donner sens à sa vie personnelle aussi bien que professionnelle, de mieux mettre cette dernière au service de la mission qu’il peut être appelé à assumer dans une organisation. La question cruciale est celle de savoir ce qui se joue et se crée dans le coaching. Le coach est donc constamment aux aguets, dans une posture critique et lucide. Il vise en même temps la performance et le mieux-être des personnes et des équipes.

1.4. Contexte et complexité

Le coaching est une interaction qui se situe dans un contexte complexe. Il implique une connaissance approfondie des rouages de l’organisation et du contexte socio-économique dans lequel il se développe.

1.5. Une démarche intégrative et plurielle

Le coaching implique plusieurs niveaux d’intervention (individuel, relationnel, groupal, organisationnel) et donc plusieurs grilles de lecture et des outils différents utilisés dans la perspective maïeutique. Cela implique des outils (Analyse Transactionnelle, Programmation-Neurolinguistique-Linguistique, théorie des organisations, etc.) articulés dans une perspective créatrice de

sens. La technique du coach combine plusieurs approches dans une démarche émancipatrice.

1.6 Les garanties

Le coach garantit la sécurité physique et psychique de ses clients, et les oriente vers les personnes compétentes lorsque la nécessité s’en fait sentir.

Il veille à collaborer avec les organisations œuvrant dans le même domaine, tant sur le plan régional, que national ou international.

1.7. La créativité

Le coaching reste encore largement à inventer ; il constitue une vraie démarche philosophique en vue de l’autonomie de l’autre. Le coaching invite à penser l’accompagnement de cas en cas, en tant que nouveau paradigme des pratiques. La voie est ouverte…

1.8. La stratégie

Au-delà de la maïeutique, le coaching met en jeu des méthodologies de changement et d’action éthique. Il débouche sur une capacité accrue de changement chez le client et dans l’organisation. C’est un accompagnement émancipateur.

2. Principes de Déontologie

Ces principes découlent des fondements de la démarche telle qu’elle vient d’être décrite. Ils ne dispensent pas du respect des codes de déontologie en vigueur dans les divers champs professionnels, en particulier dans le domaine du travail social et de la santé, mais visent plutôt à les compléter. Le coach s’engage à respecter les règles de conduite suivantes :

2.1 À l’égard du coaché

Contractualité

Subordonner toute intervention à l’établissement d’un accord précisant le but à atteindre, d’une part, le cadre de l’intervention, d’autre part. Ajuster si nécessaire cet accord au fur et à mesure de l’avancée de l’intervention. Rappeler dans tous les cas les règles de confidentialités et les autres protections à assurer.

Autonomie

Laisser au client la responsabilité de ses décisions.

Contextualité

Considérer la personne ou le groupe de personnes auprès desquelles on intervient comme faisant partie d’un système global (entreprise ou institution).

Transparence et clarté

Faire preuve de la plus grande transparence dans le travail d’accompagnement. Expliciter les fondements théoriques du processus utilisé en coaching.

2.2 À l’égard de soi-même comme coach

Compétences

Informer le client lorsque les problèmes soulevés par l’intervention sortent du champ de ses compétences ; lui recommander, cas échéant, un recours à d’autres professionnels.

Recul (soin de soi)

Être particulièrement attentif lorsque la problématique du client renvoie à d’éventuelles difficultés personnelles.

Objectivation

Prendre conscience de ses propres préjugés et ne pas les laisser contaminer la démarche.

Formation

Veiller à sa propre formation continue (en coaching aussi bien que dans son propre domaine professionnel), s’assurer d’un lieu régulier de supervision en coaching (utiliser en particulier les compétences réunies au sein de l’ARCoaching, notamment les groupes d’intervision).

2.3 À l’égard de l’organisation

Lien

Accompagner les personnes ou les groupes en considérant non seulement leur propre intérêt mais aussi celui de l’ensemble du système ; dans la mesure du possible, les rendre attentifs aux difficultés éventuelles.

2.4 À l’égard de la société

Législation

Ne jamais s’engager dans une action envisagée en dehors du cadre de la loi, en particulier lorsqu’il s’agit d’une mise en danger du respect dû aux personnes en cause et/ou de leurs droits.

3. Valeurs

La pratique du coaching repose sur des valeurs essentielles, en particulier :

  1. le respect de soi, des coachés, des autres acteurs concernés et des organisation, respect qui est la valeur fondamentale de toute démarche de coaching ;
  2. le respect de la différence qui en découle, en particulier celui des valeurs personnelles, sociales, culturelles et spirituelles, dans la réciprocité ;
  3. la bienveillance portée à l’autre comme personne unique, responsable, autonome et acteur de sa vie ;
  4. la franchise dans la relation avec l’autre ;
  5. la lucidité à propos des compétences nécessaires à la pratique du coaching ;
  6. l’engagement et l’ouverture sur le monde (contexte organisationnel, social, économique et politique).

4. Fondements éthiques

Respecter les fondements et valeurs énoncés ci-dessus, en particulier avoir le souci de ne pas nuire.

Prendre conscience en dialoguant et réfléchissant avec d’autres coachs des filtres et préjugés personnels et collectifs dont pourraient découler des décision arbitraires.

Selon la belle formule du professeur Jean-François Malherbe, philosophe et éthicien,

(Université de Sherbrooke ) : « Consentir à travailler, personnellement et avec d’autres, pour réduire, autant que faire se peut, l’écart inévitable entre nos affiches et nos pratiques », attitude indispensable compte tenu de l’importance des exigences mentionnées plus haut pour la conduite du coaching.